Chéri[e] j'ai réduit les déchets

Les pastilles à lave-vaisselle maison

Récemment, j’ai profité de l’absence de Madame Bouberglin pour recevoir un ami de longue date, que l’on appellera M. Trace, venu m’aider un après-midi avec quelques bricoles dans la maison. Durant nos travaux, M. Trace me questionnait sur notre mode de vie nouvellement acquis.

M. Trace : «Voyons pourquoi tu fais tes propres pastilles à lave-vaisselle? T’es un grano qui veut sauver la planète mais tu dois bien gaspiller du temps à faire ça, non? Tu sais bien je suis en amour avec mes sacs à poubelles pis mes cigarettes, et que je ne pourrai pas m’en défaire!»

Monsieur Bouberglin : «Bon, je commence par où pour t’expliquer? Toi, on sait que tu manges des sacs pour déjeuner, le Red Neck! Chaque action nous mène vers un environnement plus sain, donc je fais ma part.»


À la maison, nous faisons nos propres pastilles à lave-vaisselle. C’est un peu moins cher que les pastilles commerciales, mais surtout, les faire maison permet de produire moins d’emballage et est moins nocif pour l’environnement. Nous achetons les différents ingrédients en vrac dans quelques boutiques, préparons le mélange environ une fois par mois, et le tour est joué.

Suite à une séance où je vaguais sur le néant du woueb, je suis tombé sur une recette de cubes à lave-vaisselle D.I.Y. qui me plaisait et je l’ai pris en note. Prochaine étape, le testage de la dite recette. Après quelques essais et ajustements, la recette semble bien équilibrée, c’est à dire qu’elle ne laisse pas de résidu gras ou de trace blanche.

Voici la recette :

2 parts : cristaux de soude

2 parts : acide citrique

0.5-1 part : savon de Marseille

1 part : percarbonate de soude

Quelques gouttes d’huile essentielle au choix pour l’odeur (je mets une dizaine de gouttes pour 2 tasses de mélange).

C’est d’une simplicité!

Je vous recommande d’essayer par vous même les différents mélanges. J’ai fait au moins 6-7 mixtures avec des petites variantes pour arriver au bon dosage pour nous. De plus, il est recommandé que les ingrédients soient d’une texture identique pour mieux les mélanger et pour l’uniformité de la recette, c’est à dire qu’ils sont tous en poudre ou tous en granule. Seul le savon de Marseille sera râpé, donc la texture sera différente des autres ingrédients.

Il est possible de créer des pastilles si vous avez des contenants à glaçons qui traînent. Il suffit simplement de mettre la poudre du mélange dans chaque alvéole à glaçon, remplie au ¾ puis ajouter un peu d’eau. Laissez reposer pour une nuitée. Personnellement, je ne fais plus les cubes, car ils ne sont pas toujours parfaitement durs et souvent ils s’effritent en les manipulant. Nous gardons simplement la poudre dans un contenant hermétique, et nous utilisons une à deux cuillères à thé dans le lave-vaisselle.

Suggestions de lieux où acheter vos ingrédients de base :

Et vous, quelles recettes maison utilisez-vous pour les produits ménagers?

6 thoughts on “Les pastilles à lave-vaisselle maison

  1. Lii

    Bonjour de France !
    La poudre pour lave-vaisselle maison est mon prochain défi « zéro-déchet » ! Je retrouve souvent les ingrédients : percabonate, cristaux de soude et acide citrique dans les recettes maison mais c’est la 1ère fois que je vois du savon du Marseille. Pouvez-vous me dire à quoi il sert exactement dans cette recette ? Quelle serait la différence sans ?

    1. lesbouberglin Post author

      Bonjour l’outre-mer, ☺
      Le savon supplémentaire aide au lavage. Je ne sais pas le raisonnement exacte, mais lors de mets « test » à la maison je constate qu’il a une différence dans la propreté de la vaisselle. Peut-être un chimiste serait en mesure de répondre. ☺
      Monsieur Bouberglin

      1. Éric

        Les constituants essentiels d’un détergent (comme le mix à lave-vaisselle) :

        – Un tensioactif (savon). Dans les commerciaux c’est habituellement le bon vieux Sodium Lauryl Sulfate. Dans la recette ici c’est le savon de Marseille. Son rôle est de permettre la dissolution des graisses dans l’eau.

        – Une base. Généralement le carbonate de sodium (cristaux de soude, Na2CO3). Le savon de Marseille, comme tous les savons carboxylate ne fonctionne que dans un pH basique. Il faut donc ajouter une base. Le Na2CO3 est assez basique pour hydrolyser (briser) les molécules de graisse. C’est pourquoi les formulations sans savon peuvent marcher, mais moins bien.

        – Un oxydant. Ici le percarbonate de sodium. Définitivement le meilleur oxydant domestique, il est moins toxique que le persulfate ou l’hypochlorite (bleach). En plus il est basique (vient renforcer l’effet du carbonate).L’oxydant est l’espèce chimique la plus réactive (donc la plus dangereuse) du mélange. Il va carrément faire des modifications chimiques sur les molécules de graisses et de saletés. Certain liens seront brisés et des atomes d’oxygène seront ajoutés partout. Ces modifications rendent les saletés plus solubles dans l’eau.

        C’est ici que s’arrête la liste si un alkyl sulfate (SLS et cie) est utilisé comme savon.

        Si vous voulez utiiliser un savon carboxylate (Marseille), il faut régler le problème du Calcium. C’est à ça que l’acide citrique sert.

        Quand les carboxylates croisent le chemin d’atomes de Calcium (présents dans l’eau dure), il y a un problème. En effet, le Calcium prend la place du Sodium (ou Potassium) et forme un « dicarboxylate de Calcium ». Vous le connaissez sûrement par son autre petit nom, le « maudit cerne dans le bain qui part pas si j’le frotte pas arrrrghhh ». Le dicarbox de Calcium n’est pas soluble dans l’eau, il précipite donc un peu partout et c’est lui qui peut éventuellement boucher les tuyaus (et c’est dur à enlever une fois le mal fait).

        La solution est de séquestrer le Calcium. Vous pouvez ajouter un ingrédient qui aime beaucoup le calcium, qui va le prendre dans ces bras (en chimie quand une molécule donne un câlin à une autre, on dit un « chélate ») et le maintenir loin des carboxylates. Le citrate de sodium est un excellent exemple de ce genre de séquestrant.
        Quand on ajoute l’acide citrique au carbonate de sodium, une réaction chimique (acide-base) méne à la formation de citrate de sodium et de bicarbonate de soude.

        Éric Lévesque, Ph. D. en chimie organique

        1. lesbouberglin Post author

          Wow merci Éric pour ta précieuse réponse! Tellement riche en précisions, très bien vulgarisée. On fait nos tests un peu à l’aveuglette, donc ça nous éclaire énormément sur le comment-du-pourquoi! Tu nous as bien faire rire avec la passe de «la molécule qui donne un câlin à l’autre molécule» et «le maudit cerne dans le bain qui part part»! Au plaisir d’avoir d’autres commentaires éclairants!
          – Madame Bouberglin

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